Pas de coupure, pas de « buffer »…

La RNT, c’est la radio mais en mode numérique. Elle marche partout, tout le temps !

Nombre de défenseurs de la radio sur IP (c’est-à-dire via internet), hormis ses coûts cachés (voir notre article précédent), oublient ses problèmes de fiabilité. Que ce soit sur la 3G, la 4G ou par Wifi, la qualité du réseau n’est jamais fiable à 100%. Pour une bonne raison : les réseaux de communication ont besoin d’une bande passante proportionnelle au nombre d’auditeurs.Ainsi, quand il y a trop de monde, la qualité est forcément dégradée. Tout le monde a déjà vécu l’expérience de réseaux 3G saturés lorsqu’ils sont soit dans des lieux de très fortes fréquentations (par exemple lors d’un concert) soit dans des lieux insuffisamment couverts en émetteurs (et la qualité de couverture des émetteurs 3G/4G n’est pas forcément appelée à s’améliorer dans un contexte de baisse de rentabilité des opérateurs).
En déplacement (voiture, train…), l’expérience tout-3G se révèle encore plus désastreuse au fil des déserts numériques traversés au cours de nos escapades, notamment dans les campagnes.D’autre part, si l’IP est un protocole très flexible de routage des données (de tout type et partout), il est l’un des plus durs à fiabiliser. Même à la maison, en Wifi, il est impossible de garantir une continuité de service 24h sur 24 et 7 jours sur 7, il y a toujours un jour où la box internet doit redémarrer (pour changer d’adresse IP par exemple, si l’opérateur en a décidé ainsi…), si elle ne tombe pas tout simplement en panne ou qu’un goulot d’étranglement de données temporaire a lieu à proximité de son domicile… Seules les entreprises (avec des budgets très conséquents) peuvent investir dans des réseaux IP avec une qualité de service garanti, mais les particuliers, pour 30 ou 35 euros par mois, devront toujours s’attendre à ce genre de pannes.

La continuité de service, l’essence même de la radio

Est-ce que des coupures, même de courte durée, sont acceptables pour la radio ? Pas vraiment. Le service public, depuis la guerre, a une mission de continuité de service pour notamment alerter les populations en cas d’événement grave. C’est pour cela que France Inter, France Culture et France Musique ont une couverture quasi parfaite du territoire en FM. D’autre part, sur le service délivré en lui-même, on imagine mal accepter qu’un programme parlé, voire la retransmission d’un match de foot, se voit interrompu par une rupture temporaire du réseau.
Sur internet, nombre d’entre nous se sont vus enrager lorsqu’un programme se voyait bloquer par un « buffering » (ou mise en mémoire tampon en Français) ou interrompre en plein milieu d’une phrase par une publicité… La RNT, tout comme la FM, fournit cette garantie de continuité de service indispensable pour la radio telle qu’elle a été conçue et défendue par ses pionniers et artisans au cours des années.
Dans un monde numérique, la RNT reste la technologie la plus sûre (et la plus rassurante) pour la défense de la radio. Rassurante, oui, aussi, par sa simplicité pour les populations les plus âgées, parfois encore bloquées sur l’AM, et qui seraient encore plus exclue dans un monde uniquement IP et ses problèmes de connexion souvent incompréhensibles pour la plupart d’entre nous.